examen partiel du 31 mai 2012 - UP B

 

sujet : À partir des documents suivants, vous vous interrogerez sur la représentation de la « diversité » à l’occasion des élections en France.

 


Document n° 1 : article publié par le journal Le Monde le 7 avril 2012 (Elise Vincent).

 

 

Document n° 2 : Catherine Achin et Sandrine Lévêque, « ̎ L’une chante, l’autre pas̎. La parité aux élections municipales de 2001 et de 2008 », in Eric Agrikoliansky, Jérôme Heurtaux et Brigitte Le Grignou (dir.), Paris en campagne. Les élections municipales de mars 2008 dans deux arrondissements parisiens, Ed. du Croquant, 2011, pp. 243-262 (extraits)

 

Depuis les années 2000, la question de la représentation des « minorités visibles » est construite comme un enjeu pour les partis politiques, objet de concurrence entre la droite et la gauche. Après les émeutes urbaines de l’automne 2005 et l’émergence dans le discours public de la « question raciale », après la promotion de personnalités incarnant la « diversité » dans les gouvernements Fillon et au moment de l’affirmation de Barack Obama comme figure présidentiable aux Etats-Unis, en 2008, les élections municipales – échelon particulièrement favorable à l’émergence d’outsidersincarnant les évolutions démographiques locales -, constituent un moment clé en France pour l’entrée sur les listes de candidats de la « diversité ». Ce terme, aux acceptions multiples et floues, communément employé dans le langage indigène, doit ici se comprendre dans sa dimension « ethno-raciale » : il désigne des candidats racisés, c’est-à-dire perçus comme non blancs, noirs et/ou issus d’immigrations non européennes (maghrébines ou asiatiques).ÀParis, le nombre de candidat-e-s et d’élu-e-s de la diversité progresse de manière non négligeable entre 2001 et 2008. Martina Avanza, dans son enquête sur les stratégies partisanes de la diversité lors des élections municipales a souligné cette percée dans la capitale : tout poste électif confondu, ces « divers » représentent désormais 49 des 517 élus (9,47 %) contre 13 sur 517 en 2001 (2,5 %). Ils appartiennent très majoritairement à la gauche (15 % des élus PS et apparentés contre 3,5 % des élus UMP et apparentés). Au sommet de la hiérarchie parisienne, la chercheuse dénombre 9 conseillers de Paris de la diversité, soit 5,3 %, contre 1,8 % en 2001. Les stratégies de campagne des principaux partis s’avèrent contrastées : l’UMP a mis en place une politique de visibilisation de la diversité, affichant une volonté de « discrimination positive » chère à Nicolas Sarkozy, et passant par l’investiture de têtes de liste « diverses », plus nombreuses qu’au PS. Pour ce dernier, si la question est davantage débattue en interne, la stratégie de communication sur la diversité a été plus hésitante que celle de son adversaire, le PS refusant notamment d’isoler la question raciale de celle des autres sources de discrimination (sociales, sexuelles, sexuées, etc.). Objet de concurrence entre les partis, la question de la diversité est présente de manière inédite dans la campagne. Cela ne signifie pas que la diversité ou la représentation sociale des élu-e-s soient de réels enjeux et que les militants des partis politiques associés à cette diversité aient été promus en nombre sur des places éligibles. Si leur progression est notable à gauche, on est loin de « l’effet parité » de 2001, qui avait propulsé une petite moitié de femmes dans les conseils des villes de plus de 3500 habitants. Les candidatures concernées ont au contraire été dénoncées comme « l’exception qui confirme la règle de la relégation » par le Conseil représentatif des associations noires (CRAN)1. La ressource « diversité » s’avère en effet ambigüe et fragile, surtout quand on constate qu’elle est largement incarnée par des femmes.

Parmi les 165 têtes de liste parisiennes en 2008, 12 candidat-e-s relèvent en effet de la « diversité » et sur ces 12 têtes de liste, 8 sont des femmes. Toutes emmènent des listes importantes (2 UMP, 1 PS, 3 Modem, 2 Verts), tandis que les hommes dirigent de petites listes « de quartier » ou communautaires, indépendantes et sans élu (un seul, Jean-Claude Beaujour, mène une liste UMP dans un arrondissement imprenable, le 20e). Ce qui est vrai pour les têtes de liste l’est aussi pour l’ensemble des candidats. Par exemple dans le 10earrondissement, sur 109 candidats toutes listes confondues, 12 appartiennent à des minorités racisées, et parmi eux 8 femmes. Àtous les niveaux, les femmes sont donc clairement en charge de la « diversité » : M. Avanza en dénombre 31 sur 49 parmi les élu-e-s de la « diversité » (soit 63 %), et 8 sur 9 parmi les conseiller-e-s « divers » de Paris (89%).

[…]

Dans un contexte récurrent de « crise » de la représentation politique, la stratégie poursuivie par Nicolas Sarkozy a consisté en 2007 à promouvoir au gouvernement l’ouverture, la parité et la diversité. Son incarnation a été confiée à de jeunes femmes racisées, issues de la société civile, laïques, à la trajectoire sociale ascendante et à la carrière politique fulgurante (Rachida Dati, Rama Yade, Fadela Amara). Il n’est ainsi pas anodin que la diversité sur les listes municipales en 2008 soit également majoritairement incarnée par de jeunes femmes, qui deviennent les symboles de cette « nouvelle » politique. En écho à la valorisation de nouveaux critères de légitimité au sommet de l’Etat, elles permettent de maximiser les profits de représentativité au niveau local : femmes (et il en faut 50 % sur les listes…), jeunes (affichant dynamisme et renouvellement), relativement novices (fraîcheur et garantie de fidélité pour les protecteurs), parfois issues de quartiers défavorisés et appartenant « visiblement » aux minorités racisées (tout en étant des « exemples d’intégration républicaine »). La promotion sur cette vague de la diversité fragilise dans le même temps la position de candidates qui voient leurs autres ressources (militantes, associatives, professionnelles, etc.) mises en retrait.

 

Document n° 3 : Premier Gouvernement François Fillon(17 mai 2007- 18 juin 2007)

© Assemblée nationale

 

Premier ministre

M. François Fillon

Ministre d'État, ministre de l'écologie, du développement et de l'aménagement durables

M. Alain Juppé

Ministre de l'économie, des finances et de l'emploi

M. Jean-Louis Borloo

Ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales

Mme Michèle Alliot-Marie

Ministre des affaires étrangères et européennes

M. Bernard Kouchner

Ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement

M. Brice Hortefeux

Garde des sceaux, ministre de la justice

Mme Rachida Dati

Ministre du travail, des relations sociales et de la solidarité

M. Xavier Bertrand

Ministre de l'éducation nationale

M. Xavier Darcos

Ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche

Mme Valérie Pécresse

Ministre de la défense

M. Hervé Morin

Ministre de la santé, de la jeunesse et des sports

Mme Roselyne Bachelot-Narquin

Ministre du logement et de la ville

Mme Christine Boutin

Ministre de l'agriculture et de la pêche

Mme Christine Lagarde

Ministre de la culture et de la communication, porte-parole du Gouvernement

Mme Christine Albanel

Ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique

M. Éric Woerth

Secrétaire d'État chargé des relations avec le Parlement

M. Roger Karoutchi

Secrétaire d'État chargé des affaires européennes

M. Jean-Pierre Jouyet

Secrétaire d'État chargé de la prospective et de l'évaluation des politiques publiques

M. Éric Besson

Secrétaire d'État chargé des transports

M. Dominique Bussereau

Haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté

M. Martin Hirsch

 

 

Document n° 4 : chronique publiée dans le journal Le Monde le 9 mars 2012.

 

 

 

 

Document n°5 : article publié par le journal Libération le 12 décembre 2011.

 

 

1 Dépêche AFP du 29 février 2008.