méthode : le commentaire de documents

 

Cette épreuve peut déconcerter les étudiants de science politique, particulièrement en L1, soit par manque d’expérience, soit parce qu’ils ont du mal à faire la différence avec d’autres exercices (le commentaire d’arrêt en droit ou les épreuves sur dossier des concours administratifs). Les éléments qui suivent ont donc pour objectif de vous aider à les préparer à cette épreuve.

 

Le commentaire de documents (désigné ci-après CD) est une épreuve qui peut être écrite ou orale. Le CD oral, à partir d’un livret comportant des documents, est une des modalités de contrôle dans les TD. Le CD oral doit aussi être une préparation au CD écrit dans la mesure où les règles générales sont identiques et où seules différent les exigences des correcteurs et le temps imparti à la préparation.

 

Le CD peut être scindé en différente phases :

  1. la lecture des documents ;
  2. l’analyse des documents ;
  3. la rédaction du commentaire.

 

*    LECTURE

La lecture est une étape décisive qui ne doit pas être effectuée de manière trop rapide par crainte de manquer de temps. Deux cas de figures peuvent se présenter : s’il s’agit d’un document unique, il est nécessaire de procéder à une double lecture, la seconde s’effectuant « la plume à la main » ; s’il s’agit d’un dossier comportant plusieurs documents, il convient de procéder à une lecture rapide destinée à appréhender la nature de l’ensemble des documents disponibles puis à une lecture approfondie de l’ensemble des documents. 

La phase de lecture doit se conclure par une première réflexion d’ensemble sur le devoir en tenant compte de l’intitulé du sujet et des indications qu’il comporte. À ce stade, l’étudiant doit pouvoir élaborer une problématique générale qui lui servira de guide dans la phase d’analyse proprement dite.

 

*    ANALYSE

L’analyse des documents consiste à hiérarchiser l’ensemble des informations contenues dans les documents en fonction de la problématique retenue, ce qui peut bien entendu conduire à négliger ou à écarter certaines informations. Dans le cadre d’un dossier, il est tout à fait possible de faire figurer un document « leurre », peu exploitable (NB : à éviter pour des étudiants de niveau L).

Les informations à recueillir sont de deux ordres : 1) des informations sur les conditions de production et le contexte plus général dans lequel un document s’insère ; 2) des informations fournies directement par les documents eux-mêmes. Les premières seront reprises dans l’introduction du devoir, sauf s’il s’agit d’un dossier où l’on se contentera d’une caractérisation rapide. Les secondes serviront à nourrir les développements du devoir, principalement la première partie (cf. infra).

Les étudiants négligent fréquemment les premières informations, ce qui est source de confusions voire de contre-sens par la suite. Il est donc indispensable de rappeler cette règle, y compris pour de CD oraux.

Certains types de documents (tableaux chiffrés principalement) peuvent donner lieu à des calculs et non à une simple reprise des éléments bruts. Exemple : un tableau A indique le nombre de résidents étrangers éligibles lors des élections municipales en France par nationalité, un tableau B indique le nombre de résidents étrangers élus par nationalité ; il est donc possible de calculer des indices simples à partir de ces deux séries de chiffres pour montrer les inégalités de représentation au sein des conseils municipaux.

En science politique, les sujets proposés aux étudiants n’appellent généralement pas des commentaires trop détaillés sur la forme (analyse stylistique ou syntaxique par exemple).

À l’issue de l’analyse, les étudiants doivent mettre en place la structure du devoir.

Il n’y a pas de plan-type pour un CD, mais généralement il est possible de respecter la structure suivante : introduction / partie 1 / partie 2 / conclusion. Contrairement à une dissertation, les deux parties ne sont pas symétriques : la première partie est un commentaire stricto sensu c’est-à-dire une présentation hiérarchisée des informations pertinentes contenues dans le ou les documents, la seconde est une mise en perspective de ces informations par rapport à un questionnement plus général. Dans cette deuxième partie, les étudiants peuvent (et doivent) faire appel à leurs connaissances et inscrire le commentaire dans une réflexion plus générale. Un CD est aussi un prétexte à disserter et non une simple paraphrase. Avec ce type de structure, il est tout à fait logique que la première partie soit plus longue que la seconde, voire scindée en deux.

 

*    REDACTION

Dans un premier temps, les étudiants rédigent au brouillon l’introduction et la conclusion, puis – après avoir recopié l’introduction – ils rédigent l’ensemble des développements. Par la suite, ils doivent reprendre leurs éléments conclusifs et, après avoir (re)vérifié l’adéquation à l’ensemble du devoir, les recopier.

Une relecture globale du devoir est toujours nécessaire (cf. note méthodologique sur l’orthographe).

 

Eléments de correction :

Il est nécessaire de prendre en compte trois éléments outre les critères classiques de notation sur la forme :

  1. la capacité à intégrer dans l’introduction des éléments sur les conditions de production des documents et sur le contexte historique ;
  2. la qualité du travail d’analyse et sa restitution dans la première partie ;
  3. les liens effectués dans la seconde partie avec des problématiques plus générales qui sont présentées dans les différents enseignements de science politique et/ou de sciences sociales.

 

 

 

 

Christophe Voilliot

Maître de conférences en science politique

Université Paris-Ouest Nanterre